Dictionnaire biographique des rabbins et autres ministres du culte israélite de France et d'Algérie
du Grand Sanhédrin (1807) à la loi de Séparation (1905).


Sous la direction de Jean-Philippe CHAUMONT et de Monique LEVY.

Paris, 4 décembre 2007.

Pas moins de dix années de travail, ont été nécessaires à Jean-Philippe Chaumont (Archives Nationales) et Monique Lévy (Commission Française des Archives Juives) pour mener à leur terme, avec la collaboration et la contribution d'un certain nombre de bénévoles, la rédaction de plus de 2800 notices individuelles des grand-rabbins, rabbins, ministres-officiants, mohalim et chohetim en fonction en France métropolitaine et en Algérie, entre la convocation du Grand Sanhédrin de Napoléon 1er (1807) et la loi de Séparation des églises et de l'Etat (1905).

Des personnalités importantes en côtoient d'autres sorties de l'oubli grâce au dépouillement minutieux d'une multitude de sources. Un travail encore plus difficile pour l'Algérie.

Une introduction très documentée permet de les restituer dans le contexte historique. Un répertoire géographique précise la succession des titulaires des postes pour les 436 communautés concernées et on suit l'évolution territoriale des consistoires grâce à un ensemble de cartes.

Attractif en raison d'une présentation claire, illustrée d'un certain nombre de vignettes, le dictionnaire est d'un maniement facile et agréable. Il permet de comprendre la difficulté des conditions matérielles d'existence de la grande majorité des ministres du culte israélite en France au 19ème siècle ; leur misère trop souvent ! Et aussi les aléas de la transition entre « rabbins indigènes » d'Algérie, contemporains de la conquête par la France à partir de 1830, et la mise aux normes imposée par le Consistoire Central de Paris, dans le cadre de la colonisation.

Qu'apprend-on sur le cas lunévillois ? Beaucoup d'éléments sur la personnalité et la carrière des rabbins et ministres officiants qui se sont succédé, brillants ou humbles .Et des épisodes tragiques : la mort atroce de Salomon Weill et de sa fille de 15 ans, jetés dans la cave de l'immeuble communautaire par les troupes allemandes d'occupation en 1914 avant qu'elles l'incendient ; la conversion au catholicisme d'un fils de ministre-officiant, l'aliénation mentale d'un rabbin obligé de se démettre de ses fonctions …

La communauté de Lunéville a donné au judaïsme français un Grand rabbin de France, Alfred Lévy. On sait moins, que dans le climat très concurrentiel des recherches de postes rabbiniques, Lunéville a rejeté la candidature d'un petit jeune homme jugé « trop malingre » : Zadoc Kahn, futur Grand rabbin de France, qui, dans ses fonctions, allait révéler une personnalité hors du commun et un esprit d'ouverture remarquable. (Cf. «Zadoc Kahn, un grand rabbin entre culture, affaire Dreyfus et laïcité » sous la direction de J.Ph.Chaumont et J.C.Kuperminc, Paris 2007).

1003 pages ; néanmoins un ouvrage dépourvu d'aridité et d'une lecture facile ; incontournable dans une bibliothèque publique ou particulière.

A commander à la C.F.A.J. (Madame Monique Lévy),
45 rue La Bruyère, 75009 Paris, ou chez votre libraire (Editions Berg).

Prix d'achat: 45 euros.
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